Remboursement d'impôt en Israël en 2026 : qui y a droit, comment le demander, et combien récupérer sur six ans
Chaque année, les salariés israéliens laissent des milliards de shekels de trop-perçu à l'administration, faute de le réclamer. Le mécanisme est simple, le délai est de six ans, et la demande se fait en ligne. Voici qui est concerné, et pour combien.
L'essentiel en 40 secondes
En Israël, l'employeur prélève l'impôt mois par mois comme si le salaire du mois était celui de toute l'année, et avec les seuls points de crédit déclarés sur le formulaire 101. Dès que l'année réelle diffère (changement d'emploi, mois sans salaire, enfant né dans l'année, points olim ou diplôme oubliés, dons, retraite), le total prélevé dépasse l'impôt dû. Un salarié qui n'est pas tenu de déclarer peut réclamer ce trop-perçu par le formulaire 135, en ligne, pour chacune des six dernières années ; le remboursement arrive en quelques mois, avec intérêts et indexation. Les montants vont de quelques centaines à plus de dix mille shekels par an.
Les chiffres clés 2026
- Années réclamables
- 2020 → 2025
- Formulaire
- 135
- Point de crédit
- 242 ₪ / mois
- Intérêts sur le remboursement
- 4 % + indexation
- Délai pratique
- 2 à 3 mois
- Expire le 31 déc. 2026
- année 2020
Pourquoi on vous prélève trop
Le système israélien repose sur la retenue à la source : chaque mois, l'employeur calcule l'impôt comme si votre salaire du mois, multiplié par douze, était votre revenu annuel, puis déduit les points de crédit que vous avez déclarés sur le formulaire 101 en début d'année. Ce calcul est exact pour un salarié qui travaille douze mois au même salaire chez le même employeur, avec un 101 complet. Il est faux dès que la réalité s'écarte de ce scénario, et il est presque toujours faux en votre défaveur :
- les mois sans salaire ne sont pas « rattrapés » : les tranches basses et les points de ces mois sont perdus ;
- un nouvel employeur repart de zéro avec vos informations, souvent incomplètes ;
- les points de crédit non déclarés (ou déclarés après coup) ne sont jamais appliqués rétroactivement par l'employeur ;
- les dons, versements retraite et assurance-vie ouvrant droit à crédit d'impôt ne passent pas par la fiche de paie.
L'administration ne corrige pas d'elle-même : la majorité des salariés ne déposant pas de déclaration, le trop-perçu reste acquis au Trésor tant qu'il n'est pas réclamé. Le guide de l'impôt sur le revenu détaille le barème et les points sur lesquels tout cela repose.
Les situations qui donnent droit à un remboursement
| Situation | Pourquoi le prélèvement est trop élevé | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Changement d'emploi en cours d'année | Le nouvel employeur prélève sans connaître les mois précédents ; souvent au taux maximal en attendant le 101. | 1 000 à 8 000 ₪ |
| Mois sans salaire (recherche d'emploi, congé, arrivée en Israël, départ) | Les tranches basses et les points de ces mois sont perdus dans le calcul mensuel. | 2 000 à 10 000 ₪ |
| Points de crédit non appliqués : enfant né dans l'année, diplôme, service, alya, parent isolé | Le 101 n'a pas été mis à jour ; l'employeur n'applique rien rétroactivement. | 2 900 ₪ par point et par an |
| Deux employeurs sans coordination (teum mas) | Le second prélève au taux maximal (47 %) sur tout le salaire. | Jusqu'à plusieurs milliers de shekels |
| Dons à des associations reconnues (section 46) | Crédit d'impôt de 35 % du don au-delà de 200 ₪, non pris en compte par l'employeur. | 35 % des dons |
| Versements retraite ou assurance-vie non passés par l'employeur | Crédit de 35 % sur les cotisations dans les plafonds. | Selon versements |
| Indemnités Bituach Leumi (chômage, maternité, réserve) et salaires la même année | Chaque organisme prélève de son côté sans vue d'ensemble. | Variable |
| Olé ou résident de retour la première année | Points olim absents du 101, exonération de cotisations non appliquée, mois sans revenu. | 3 000 à 9 000 ₪ |
Trois exemples chiffrés (barème 2026)
Les montants ci-dessous sont calculés sur le barème et le point de crédit 2026 ; ils ne tiennent pas compte des cotisations sociales, qui ne sont pas remboursables par cette voie.
1. Huit mois de travail, quatre mois sans salaire
Un salarié résident sans enfant gagne 14 000 ₪ brut par mois de janvier à août, puis ne travaille plus. Chaque mois, l'employeur a prélevé l'impôt comme pour une année complète à 14 000 ₪ : 10 972 ₪ au total. Sur l'année, son revenu est de 112 000 ₪, soit 9 333 ₪ par mois en moyenne, et l'impôt réellement dû est de 5 781 ₪. Trop-perçu : 5 191 ₪.
2. Une mère de deux enfants avec un formulaire 101 incomplet
Salariée à 12 000 ₪ brut, mère d'un enfant de 2 ans et d'un enfant de 8 ans, elle a droit à 2,75 + 4,5 + 2 = 9,25 points, mais son 101 n'en mentionne que les 2,25 de base (elle a oublié la rubrique enfants). L'employeur a prélevé 11 658 ₪ sur l'année ; avec ses points, l'impôt dû est de 0 ₪. Trop-perçu : 11 658 ₪, et autant pour chaque année précédente dans la même situation.
3. Un olé en deuxième année dont les points olim n'ont pas été appliqués
Arrivé il y a 18 mois, salarié à 10 000 ₪ brut, il a droit à 3 points olim supplémentaires (mois 13 à 30) que l'employeur ignore. Trop-perçu sur l'année : 6 901 ₪, soit l'intégralité de l'impôt prélevé, puisque les points dépassent l'impôt calculé. Le détail des points olim est dans le guide des avantages de l'olé hadash.
Pour chiffrer votre cas : le simulateur donne l'impôt annuel dû pour votre situation réelle (revenu annuel divisé par douze, tous vos points). Comparez-le à la ligne « impôt sur le revenu » cumulée de vos fiches de paie ou au total du formulaire 106 : la différence est votre remboursement potentiel.
Les documents à réunir
- Formulaire 106 (tofes 106) de chaque employeur de l'année : le récapitulatif annuel des salaires et retenues, remis en mars de l'année suivante, ou à la demande. C'est la pièce centrale ; sans lui, rien ne se calcule.
- Attestations de dons portant la mention « section 46 » (seif 46), pour les dons d'au moins 200 ₪ dans l'année.
- Attestations annuelles des caisses de retraite, assurance-vie et keren hishtalmut pour les versements personnels (hors fiche de paie).
- Attestation du Bituach Leumi pour les indemnités perçues (chômage, maternité, réserve militaire, accident).
- Formulaire 867 de la banque pour les intérêts et plus-values imposés à la source.
- Justificatifs des points : actes de naissance ou pièce d'identité avec annexe enfants, diplôme (formulaire 119), attestation de libération militaire, teudat olé, jugement de garde pour un parent isolé.
- Un RIB israélien (chèque annulé ou attestation de la banque) pour le virement.
La procédure, pas à pas
- Rassemblez les formulaires 106 de toutes les années à réclamer : l'employeur a l'obligation de vous les fournir, même des années après votre départ.
- Calculez l'écart avec le simulateur ou un comptable. Si l'écart est nul ou négatif, ne déposez pas : une demande est une déclaration, et elle peut aboutir à un avis de paiement.
- Remplissez le formulaire 135 en ligne sur le site de l'administration fiscale (identification par carte d'identité et mot de passe gouvernemental) : une demande par année, en commençant par la plus ancienne, qui expire la première.
- Joignez les justificatifs numérisés ; conservez les originaux sept ans, l'administration peut les demander.
- Suivez le dossier sur votre espace personnel ; une demande de pièce complémentaire non traitée bloque tout.
- Recevez le virement, avec le détail du calcul (shumat mas). Vérifiez-le : une erreur se conteste dans les 30 jours.
Délais, intérêts, prescription
La demande peut porter sur les six années précédant l'année en cours : en 2026, de 2020 à 2025. Le 31 décembre 2026, l'année 2020 est perdue. L'administration doit traiter la demande dans l'année suivant la fin de l'année de dépôt ; en pratique, un dossier en ligne complet est remboursé en deux à trois mois, un dossier avec pièces manquantes ou plusieurs employeurs en six à douze. Le remboursement porte intérêts de 4 % par an et indexation depuis le 1er janvier de l'année qui suit l'année fiscale réclamée : pour 2020, cela représente près de 30 % de plus. Les intérêts sont eux-mêmes exonérés d'impôt.
Seul, avec un comptable, ou avec une société de remboursement
| Seul, en ligne | Comptable | Société de « hechzer mas » | |
|---|---|---|---|
| Coût | 0 ₪ | 400 à 1 500 ₪ par année, ou pourcentage | 15 à 25 % du remboursement |
| Convient pour | Un employeur, un ou deux points oubliés, hébreu lu | Plusieurs employeurs, olim, revenus étrangers, dons, retraite, plusieurs années | Dossiers simples en volume ; vous payez la commodité |
| Risque | Erreur de saisie, avis de paiement imprévu | Faible ; le comptable vérifie avant de déposer | Commission élevée, sous-traitance, pression commerciale |
Les offres à éviter
- « Remboursement garanti » sans avoir vu vos formulaires 106 : personne ne peut le savoir avant le calcul. C'est un argument de prospection, pas une promesse tenable.
- Frais fixes à l'avance « pour ouvrir le dossier » : le modèle honnête est au résultat, ou un honoraire de comptable annoncé.
- Procuration illimitée sur votre espace fiscal : limitez-la à la demande de remboursement et à la durée du dossier.
- Démarchage par SMS « vous avez 7 300 ₪ à récupérer » : l'administration ne contacte jamais ainsi, et le montant est inventé.
Six erreurs fréquentes
- Attendre. Chaque 31 décembre, une année disparaît ; les dossiers de six ans sont les plus rentables et les plus souvent perdus.
- Déposer sans calculer, et recevoir un avis de paiement pour deux employeurs non coordonnés.
- Ne pas corriger le formulaire 101 après le remboursement : le trop-perçu recommence l'année suivante.
- Oublier les dons : le reçu section 46 vaut 35 % de son montant en crédit d'impôt.
- Réclamer les cotisations sociales par cette voie : le Bituach Leumi a sa propre procédure de régularisation.
- Signer avec le premier démarcheur qui promet un montant avant d'avoir vu un seul document.
Questions fréquentes
Qui a droit à un remboursement d’impôt en Israël ?
Tout salarié dont l’employeur a prélevé plus que l’impôt réellement dû sur l’année : changement d’emploi en cours d’année, mois sans salaire, points de crédit non appliqués (enfants, diplôme, alya, service), dons à des associations reconnues, versements retraite ou assurance-vie non pris en compte, deux employeurs sans coordination. Environ un salarié sur trois est concerné une année donnée.
Combien d’années en arrière peut-on réclamer ?
Six ans. En 2026, les années 2020 à 2025 sont encore réclamables ; l’année 2020 expire le 31 décembre 2026. Chaque année fait l’objet d’une demande distincte.
Quel formulaire utiliser ?
Le formulaire 135 (bakashat hechzer mas), qui est une déclaration annuelle simplifiée pour les salariés non tenus de déclarer. Il se dépose en ligne sur le site de l’administration fiscale avec identification personnelle, ou via un comptable. Les indépendants passent par leur déclaration annuelle ordinaire (formulaire 1301).
Quels documents faut-il réunir ?
Le formulaire 106 de chaque employeur de l’année (récapitulatif annuel de salaire et retenues), les attestations de dons (reçus « section 46 »), les attestations annuelles des caisses de retraite et d’assurance-vie, l’attestation du Bituach Leumi pour les indemnités (chômage, maternité, réserve), le formulaire 867 de la banque pour les intérêts, et les justificatifs des points (diplôme, teudat olé, libération militaire, actes de naissance).
Combien de temps pour être remboursé ?
L’administration dispose légalement d’un délai d’un an à compter de la fin de l’année de dépôt, mais en pratique un dossier simple déposé en ligne est traité en deux à trois mois. Le remboursement est versé sur le compte bancaire indiqué, avec intérêts de 4 % par an et indexation depuis le 1er janvier de l’année suivant l’année fiscale.
Peut-on faire la demande soi-même ?
Oui, en ligne, en hébreu, pour un dossier simple (un employeur, quelques points oubliés). Un comptable devient utile dès que plusieurs employeurs, des revenus étrangers, des dons importants ou une situation d’olé entrent en jeu : les erreurs de saisie retardent le dossier de plusieurs mois, et une demande qui révèle un impôt dû se transforme en avis de paiement.
Combien prennent les sociétés de « remboursement d’impôt » ?
Généralement 15 à 25 % du montant récupéré, parfois avec un minimum. Cela peut valoir le coup pour un dossier complexe de plusieurs années ; c’est cher pour une simple omission de points. Méfiez-vous des promesses de remboursement « garanti » avant d’avoir vu votre formulaire 106 : personne ne peut le savoir sans les chiffres.
Un olé peut-il demander un remboursement ?
C’est l’un des profils les plus fréquents : points olim non appliqués faute de formulaire 101 complet, année d’alya avec des mois sans salaire, exonération de Bituach Leumi non prise en compte. La demande suit le même formulaire 135, avec la teudat olé en justificatif.
Et si la vérification montre que je dois de l’impôt ?
La demande de remboursement est une déclaration : si le calcul fait apparaître un impôt dû (deux employeurs non coordonnés, revenus non déclarés), l’administration émettra un avis de paiement. C’est rare pour un salarié à employeur unique, mais c’est la raison de vérifier le calcul avant de déposer, avec le simulateur ou un comptable.
Qu’est-ce que l’impôt négatif (maanak avoda) ?
Une prime versée par l’administration fiscale aux salariés et indépendants à bas revenus (environ 2 500 à 7 500 ₪ par mois selon la situation familiale), à demander chaque année avant le 30 novembre. Ce n’est pas un remboursement mais un complément, cumulable avec une demande de remboursement.
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